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Discours de Netanyahu devant le Congrès US, des élus et manifestants protestent
information fournie par Reuters 24/07/2024 à 21:47

(Actualisé tout du long avec discours de Netanyahu, éléments supplémentaires)

par Patricia Zengerle et Matt Spetalnick

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé mercredi devant le Congrès américain sa confiance dans les efforts destinés à obtenir la libération des otages détenus à Gaza, tandis que des manifestants protestaient à proximité contre l'offensive israélienne dans l'enclave palestinienne.

"A l'heure où nous parlons, nous sommes engagés dans des efforts intenses pour sécuriser la libération (des otages). Je suis confiant dans le succès de ces efforts", a déclaré le dirigeant israélien, à la longévité inédite au pouvoir, qui s'exprimait pour la quatrième fois lors d'une session plénière du Congrès américain, un record - le dirigeant britannique Winston Churchill avait eu cet honneur à trois reprises.

Benjamin Netanyahu a été accueilli par une ovation des élus républicains, qui se sont levés à plusieurs reprises pour saluer avec ferveur des commentaires du dirigeant israélien, tandis que les élus démocrates ont affiché de la retenue.

Des dizaines d'élus démocrates du Congrès avaient décidé de ne pas assister à ce discours, voulant ainsi montrer leur désapprobation face à la mort de milliers de civils palestiniens tués à Gaza depuis le début du siège total de l'enclave décrété par Israël en réponse à l'attaque du Hamas en octobre dernier.

"L'Amérique et Israël doivent se tenir côte à côte", a dit Benjamin Netanyahu, appelant Washington à accélérer l'envoi d'aides militaires afin de permettre à l'Etat hébreu de parvenir rapidement à une victoire face au Hamas.

Des milliers de manifestants se sont rassemblés dans la journée près du Capitole, où le dispositif de sécurité était sans précédent depuis la révolte sanglante du 6 janvier 2021. Peu avant le début du discours de Benjamin Netanyahu, la police du Capitole a dit avoir été contrainte de faire usage de gaz lacrymogène contre certains contestataires devenus violents.

Parmi les manifestants ont été brandis des drapeaux palestiniens, de même qu'une pancarte "Wanted War Criminal" - une référence au mandat d'arrêt émis à l'encontre de Benjamin Netanyahu par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre présumés. Le dirigeant israélien nie ces accusations.

"IDIOTS UTILES" DE L'IRAN

Si la venue de Benjamin Netanyahu au Congrès a été orchestrée par les chefs de file parlementaires du Parti républicain, la tonalité de son discours a été moins conflictuelle qu'en 2015, quand le dirigeant israélien avait critiqué la politique à l'égard de l'Iran du président démocrate à l'époque, Barack Obama.

En plus de renforcer ses liens traditionnels avec les républicains, Benjamin Netanyahu entend lors de sa visite aux Etats-Unis apaiser les tensions avec le président Joe Biden, dont il espère le soutien jusqu'au bout, trois jours après l'annonce de la fin de la campagne de réélection du dirigeant démocrate. Le mandat de Biden prendra fin en janvier prochain.

Benjamin Netanyahu doit rencontrer jeudi, pour des réunions distinctes, Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris, vraisemblable candidate démocrate pour l'élection présidentielle de novembre et qui a affiché une opposition parfois plus affirmée que Biden à l'offensive israélienne dans la bande de Gaza pour le lourd bilan parmi les civils palestiniens.

Le Premier ministre israélien doit ensuite se rendre vendredi en Floride pour y rencontrer l'ancien président républicain Donald Trump pour la première fois depuis la fin du mandat présidentiel de ce dernier, lors duquel les deux hommes ont noué des liens étroits.

Alors qu'elle aurait dû en temps normal présider un tel discours, du fait de son statut de vice-présidente, Kamala Harris n'était pas présente au Congrès, à moins de quatre mois du scrutin de novembre pour lequel elle vient d'entrer en campagne. Le colistier républicain de Donald Trump, le sénateur J.D. Vance, n'était pas là non plus.

Benjamin Netanyahu a qualifié lors de son discours d'"anti-israéliennes" les manifestations contre la guerre à Gaza, déclarant qu'elles étaient financées par l'Iran, ennemi de longue date d'Israël, et accusant les contestataires d'être les "idiots utiles" de Téhéran.

Il a par ailleurs décrit les informations faisant état d'une famine à Gaza comme une propagande du Hamas. Des agences de l'Onu ont alerté par le passé sur la crise humanitaire sans précédent dans l'enclave palestinienne.

"PAS UN ACCESSOIRE POLITIQUE"

Certains élus du Congrès ont dit être mal à l'aise avec l'idée qu'assister au discours de Benjamin Netanyahu puisse être vu comme un soutien au dirigeant israélien et à son gouvernement ultra-conservateur, dans un contexte de chute de la cote de popularité du Premier ministre israélien dans son pays.

D'autres ont déclaré vouloir de Benjamin Netanyahu qu'il se focalise sur la conclusion d'un accord de cessez-le-feu permettant la libération des otages encore détenus à Gaza.

"Pour (Benjamin Netanyahu), tout cela est destiné à consolider le soutien dont il dispose chez lui, et c'est l'une des raisons pour lesquelles je ne veux pas assister" au discours, a déclaré le sénateur démocrate Chris Van Hollen.

"Je ne veux pas être un accessoire politique de cet acte de tromperie. Il n'est pas le grand protecteur des relations entre les Etats-Unis et Israël", a-t-il dit devant des journalistes.

Thomas Massie, élu républicain de la Chambre des représentants, a également fait savoir qu'il ne serait pas présent pour le discours de Benjamin Netanyahu, reprochant à ce dernier, via le réseau social X, d'avoir pour but de "renforcer sa position politique en Israël et d'étouffer l'opposition internationale à sa guerre".

Plusieurs cadres du Parti démocrate ont prévu de boycotter le discours, parmi lesquels Dick Durbin, deuxième plus haut représentant du parti au Sénat, ou encore les sénateurs Tim Kaine, Jeff Merkley et Brian Schatz - tous membres de la commission sénatoriale des Affaires étrangères.

Rashida Tlaib et Alexandria Ocasio-Cortez, élus démocrates progressistes de la Chambre des représentants, n'assisteront pas non plus au discours de Benjamin Netanyahu.

(Patricia Zengerle, avec Matt Spetalnick, Richard Cowan, Kanishka Singh et Doina Chiacu; version française Jean Terzian)

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